La Science se livre à la Petite Bibliothèque Ronde

Posté par Chloé Even, le Jeudi 16 février 2017

Avec la complicité de la Bibliothèque interuniversitaire de Santé (BIU Santé),
les bibliothèques universitaires de Paris Descartes,
et le département de simulation en santé de Paris Descartes : Ilumens.

L’édition 2017 de la Science se livre qui vient de s’achever était consacrée à la santé. Tous les ans cette manifestation, organisée par le département des Hauts de Seine, met à l’honneur pendant près d’un mois la science dans les institutions culturelles. La PBR est heureuse d’y participer et de proposer chaque année des animations autour du thème scientifique choisi. C’est toujours l’occasion de faire rencontrer aux enfants des professionnels venant d’univers très différents ou de les emmener explorer des territoires nouveaux.

La thématique de la santé offrait un vaste champ des possibles en lien avec la littérature de jeunesse et les ouvrages documentaires présents dans la collection. Celle-ci a donc été le point de départ d’une réflexion plus globale qui a fait émerger l’idée et l’envie d’emmener les enfants dans une bibliothèque spécialisée dans les ouvrages sur la santé. Lors des sorties organisées par la PBR, les enfants voulaient systématiquement visiter la bibliothèque des lieux. Dès lors, pourquoi ne pas consacrer une sortie à la visite d’une bibliothèque ?
Grâce à l’accueil enthousiaste de ce projet par les conservatrices des bibliothèques des universités de médecine, celui-ci a pu voir le jour et a même été enrichi par la visite surprise d’un laboratoire du département de simulation en santé de l’université Paris-Descartes, Ilumens.

Depuis plusieurs semaines la bibliothèque s’était mise au rythme de la santé quand les enfants ont vu apparaître une fiche d’inscription pour une sortie dans Paris à la faculté de médecine. Entre les vrais intéressés par les métiers de la santé et les surtout motivés par l’idée de quitter Clamart le temps d’une journée, la liste s’est très vite remplie. Personne ne manquait à l’appel ce samedi devant la bibliothèque à 9h. Les cars municipaux n’étant désormais plus accessibles à la PBR, c’est en transport en commun que le groupe s’est rendu dans le centre de Paris.
Malgré le petit retard du groupe, les conservatrices de la BIU Santé, Catherine Tella, Estelle Lamber et Emmanuelle Prevost, venues spécialement sur leur temps libre, ont accueilli les enfants avec le sourire et une joie non dissimulée. Sans perdre de temps, le groupe est parti pour une visite des salles de lecture de la bibliothèque pourtant ouverte au public. Dans ce lieu, il n’a pas été nécessaire de dire aux enfants de chuchoter. C’est naturellement qu’ils se sont mis à parler tout bas, en écarquillant les yeux devant les kilomètres de rayonnage, les grandes tablées d’étudiants silencieux, les immenses plafonds ornementés et les bureaux surélevés des bibliothécaires. Ils ont été plus qu’impressionnés par le système de catalogage par fiches, préexistant à l’ère informatique.
La visite s’est poursuivie dans le cœur historique de la bibliothèque, la première salle qui a été consacrée à une bibliothèque dans l’université et qui est aujourd’hui réservée à l’odontologie. La masse impressionnante des ouvrages consacrés exclusivement aux soins dentaires et les instruments des dentistes d’époques antérieures exposés constituaient une vraie découverte. Malgré l’envie des enfants de rester un peu plus dans les salles, ils ont été tout aussi curieux de découvrir les coulisses de la bibliothèque et ses réserves labyrinthiques.

Dans leurs espaces de travail, les bibliothécaires avaient préparé des petits ateliers pour découvrir à la fois les spécificités de cette bibliothèque et le monde des professionnels de la santé.

Dans différents espaces leur étaient faites trois propositions :

- dans une salle de réunion impressionnante par son décor fait de chaises de dentistes, de tenues de médecins et d’instruments médicaux vieux de plusieurs siècles, c’est le rôle des bibliothèques et des bibliothécaires pour les professionnels de la santé qui était mis en lumière. Quelles collections ? Pour quels usages ? Quelles places aux contenus dématérialisés, aux revues scientifiques en ligne plus particulièrement ? Ce premier temps s’est conclu par un petit jeu où les enfants étaient invités à retrouver à partir d’indices les noms de différentes spécialités médicales, de la pédiatrie à la kinésithérapie.

- dans les rayons des magasins, ils ont pu comme à Clamart devenir les aides-bibliothécaires d’un jour. A partir d’une côte donnée, ils ont eu chacun à localiser un document et pas n’importe quel document : des thèses de médecine rédigées par leur propre médecin traitant !

- dans la Réserve des fonds précieux, les enfants devaient retrouver l’ordre chronologique de publication d’un ensemble de sept ouvrages exceptionnels datant du XVème au XXème siècle. A travers eux, c’est l’évolution de la représentation du squelette dans l’illustration médicale qui leur était donnée à observer. En cadeau pour leur participation, les enfants ont pu repartir chacun avec une bibliographie et un livre miniature édité par la bibliothèque.

Il était midi passé quand les enfants ont fini leur parcours. Après un temps de pause déjeuner, le groupe s’est mis en route pour un autre site de l’université Paris-Descartes, rue des saints pères, où il était attendu à 13h au laboratoire de simulation Ilumens par le pédiatre David Drummond. Les enfants savaient qu’ils allaient voir des mannequins plus vrais que nature et que c’était sur eux que se faisait la formation des étudiants en médecine. Mais ça ne les a pas empêchés d’être très impressionnés par le réalisme de ces patients en silicone capables de respirer, de cligner des yeux et de dire là où ils avaient mal.

Tour à tour et en équipe, ils ont eu la mission de soigner un patient souffrant pour chaque groupe d’une pathologie différente. Ils se sont mis à la place du médecin et ont tâché d’établir un diagnostic en commençant par ausculter le patient à l’aide de vrais stéthoscopes. Puis, ils ont utilisé les divers instruments à leur disposition dans cette salle d’hôpital plus vraie que nature pour prendre la tension, mesurer la saturation en oxygène comme le rythme cardiaque du patient. Les enfants ont pris avec beaucoup de sérieux la situation, au point même que certains (très minoritaires !) n’ont pas osé approcher le malade.

Le docteur Drummond, disponible et à l’écoute, les a guidés pas à pas. Il leur a expliqué le rôle précis de chacun des instruments de mesures utilisés et comment analyser les données obtenues. Une fois le diagnostic posé, il leur a fallu réfléchir au traitement. Le pédiatre a fait appel à leur connaissance sur certains médicaments, leur a rappelé la différence entre virus et bactéries et leur a expliqué le rôle d’un bronchodilatateur par exemple. Et en fonction de la gravité de la situation, certains ont dû pratiquer un massage cardiaque ou même administrer de la Ventoline à leur patient. Cette mise en situation était aussi excitante qu’extrêmement enrichissante pour tous les participants, tant enfants qu’adultes.

La journée s’est achevée sur un temps de détente au huitième étage du bâtiment avec une vue imprenable sur les toits de Paris !

Toute l’équipe de la PBR remercie les structures qui ont rendu cette journée possible et plus particulièrement à Aurore Cartier qui en a coordonné toute l’organisation.
Un très grand merci d’avoir accueilli de manière exceptionnelle un public d’enfants dans ces lieux normalement réservés aux étudiants et aux professionnels.
Et merci aussi de leur avoir montré tout ce que l’on peut apprendre en s’amusant ! Votre enthousiasme était plus que communicatif. Les enfants sont revenus enchantés de cette journée et, pour certains, avec l’envie de travailler dans l’univers de la santé. Défi relevé avec succès ! Ils sont tous revenus le lendemain à la bibliothèque pour un jeu grandeur nature à la manière du célèbre Docteur Maboul.

Pour compléter votre lecture, filez lire On a rétréci nos usagers, l’article consacré à la sortie sur le blog de la BIU Santé !

Nuit Jazzy à la Petite Bibliothèque Ronde.

Posté par La Petite Bibliothèque Ronde, le Mardi 14 février 2017

Samedi 14 janvier s’est tenue la Nuit de la Lecture, rendez-vous proposé par le Ministère de la culture et de la communication. Pour cette première édition, les bibliothèques et librairies étaient invitées à étendre leurs horaires d’ouverture et à proposer des animations originales, festives et ludiques afin d’attirer un large public et de porter un regard différent sur ces lieux de vie.
A la Petite Bibliothèque Ronde, cet événement a attiré plus de 150 personnes ; agréable surprise pour toute l’équipe qui n’osait pas espérer un tel succès en raison des palissades anti-intrusion qui l’encerclent depuis maintenant plusieurs mois (plus d’infos ICI).

La première partie de la soirée, intitulée Allons voir la nuit, était réservée aux plus petits, âgés de 0 à 5 ans. Ces derniers pouvaient ainsi se laisser porter par une jolie sélection d’albums et de berceuses. Alternant lectures, comptines et découvertes musicales, ce premier temps a créé un touchant moment de douceur. Doudous, pyjamas et chaussons étaient de la partie. Ailleurs dans la bibliothèque, les plus grands s’occupaient entre lectures et autres activités ludiques. Nous avons ainsi pris conscience de cette liberté de choix et de mouvement offerte aux enfants caractéristique de ce lieu atypique.
A 18h débutait la deuxième partie de la soirée La Nuit tous les chats son gris. L’équipe de la bibliothèque proposait la lecture à voix haute du Journal du chat assassin d’Anne Fine (École des Loisirs, 1997) entrecoupée d’un dynamique concert de jazz participatif offert par la chanteuse Sara Longo et son clarinettiste Corentin Giniaux. Un jeu de lumières et projecteurs transportait les familles dans une véritable salle de spectacle. Par la suite, le public était invité à se répartir le long des murs des deux salles principales munis de bougies LED distribuées par l’équipe. Le halo lumineux ainsi créé, soulignait la particularité architecturale du bâtiment et constituait un moment symbolique rempli d’espoir.
Le public était ensuite invité à partager un moment convivial autour d’un buffet, pendant lequel une scène ouverte était lancée. A l’origine ce moment a été pensé comme un temps de parole pour un public d’adultes mais se sont finalement les enfants qui s’en sont emparés pour lire leurs albums préférés à tout le monde; ce qui est révélateur du travail quotidien des membres de la PBR.
A 20h, trois lectures projetées, Il faut le dire aux abeilles de Sylvie Neeman (La Joie de Lire, 2011), Little man d’Antoine Guilloppé (Gautier-Languereau, 2014) et La Chèvre de Monsieur Seguin d’Alphonse Daudet (1866) accompagnées de berceuses de jazz clôturaient la soirée avec poésie et douceur.

Nous avons la chance d’être accueillies comme stagiaires au sein de la Petite Bibliothèque Ronde dans le cadre d’une formation à la médiation autour de la littérature jeunesse. Nos premiers jours étaient dédiés à l’organisation finale de cet événement et nous remercions, de ce fait, l’équipe de nous avoir intégrées si rapidement au projet.
Nous avons donc assisté aux dernières délibérations concernant l’organisation logistique de la soirée. La mairie communique depuis plusieurs mois dans le journal municipal sur la fermeture de la Petite Bibliothèque Ronde. Aussi, l’équipe doit intensifier ses actions de communication auprès du quartier par le biais de diffusion de flyers à la sortie des écoles mais aussi d’affichages dans les commerces voisins. Certains parents curieux et enjoués, étaient étonnés d’un tel événement dans un lieu qu’ils croyaient fermé. Un atelier de création de masques de chat était prévu l’après-midi du mercredi précédent afin de préparer la lecture du samedi et d’impliquer les enfants dans le projet.

La générosité d’un supermarché et d’une boucherie du quartier a facilité l’organisation d’un buffet. Les desserts ont été apportés par les familles venues pour l’occasion. La participation de tous a fait de ce moment un temps de partage festif.
Les trois histoires lues en fin de soirée ont été choisies pour leurs illustrations qui se prêtaient à une mise en lumière à la tombée de la nuit mais aussi pour leurs messages forts et poétiques adaptés aux enfants comme aux adultes.

De notre point de vue, l’investissement de tous les membres de l’équipe et la préparation en amont ont largement participé à la réussite de cet événement. C’est aussi le cas de la générosité de chacun, qui témoigne de l’attachement qu’ont les gens envers ce lieu. De plus, l’ambiance bienveillante qui se dégage habituellement de cette bibliothèque était encore au rendez-vous ce samedi soir. Les jeux de sons et lumières, rendus possibles grâce au prêt de matériel de Michel Alban, directeur artistique du Triton Théâtre et ancien lecteur de la bibliothèque, sont également à l’origine du succès de cette soirée. C’était une manière de donner du dynamisme aux histoires et de les découvrir autrement.

Si l’on se fie aux ressentis des participants comme des organisateurs, l’événement a été une réussite. Petits et grands se sont amusés et sont rentrés le ventre et la tête bien remplis.

Lucile Gurzeler est en Master 2 Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation à l’ISFEC-Lasalle Mounier.
Amélie Sacristan-Allende est en Master 1 Littérature de Jeunesse, Métiers du livre et de la lecture pour jeunes publics à l’Université de Cergy-Pontoise.

Vous pouvez également retrouver l’avis d’un lecteur présent pour l’occasion ICI

Laissez les lire.com

Posté par Chloé Even, le Mercredi 1 février 2017

Après la publication de deux livres récents consacrés à sa carrière professionnelle, Geneviève Patte a toujours envie de partager ce qui nourrit son expérience aujourd’hui.

Découvrez son nouveau blog : laissezleslire.com

Tous nos remerciements à Claude Ponti pour ce cadeau qui nous touche beaucoup.

De la musique classique à la bibliothèque : Un partenariat heureux et ambitieux avec l’orchestre Les Siècles

Posté par Roxane Schaeffer, le Jeudi 22 décembre 2016

Faire découvrir la musique classique aux enfants… Il n’y a guère que l’école qui se risque encore à ce pari fou. Alors, s’il n’y a ni obligation, ni évaluation, ni mêmes notes à la fin, à quoi bon prendre le risque d’un échec cuisant ? A la Petite Bibliothèque Ronde, l’équipe part du principe que même si l’action ne touche qu’un seul enfant, elle vaut la peine d’être menée. Et l’enthousiasme communicatif de l’orchestre Les Siècles a eu raison des dernières hésitations.
Le pire, il fallait s’en douter, c’est que ça marche. La recette ? Des professionnels passionnés et passionnants, soucieux de transmettre leur amour de la musique et leur bonne humeur, lors de trois temps forts gratuits et ouverts à tous chaque saison.

Petit retour d’expérience sur une résidence pédagogique autour de la musique.

Créé en 2003 par le chef d’orchestre François-Xavier Roth, les Siècles sont un ensemble unique au monde réunissant des musiciens jouant chaque répertoire sur les instruments historiques appropriés. Les Siècles se singularisent aussi par leur souhait de transmettre à tous la passion de la musique classique en proposant des actions dans les écoles, les hôpitaux ou encore les prisons.
C’est grâce à l’association Echanges & Bibliothèques que la Petite Bibliothèque Ronde et les Siècles ont été mis en contact. Partageant le même engagement contre les inégalités d’accès à la culture, ils ont eu envie de monter ensemble un projet pédagogique. Après trois saisons, le partenariat a trouvé une formule adaptée aux désirs mais aussi aux contraintes de l’activité de chacun.
Concrètement, le partenariat se déroule autour de trois rendez-vous chaque année : deux se déroulent à la bibliothèque et un dans une salle de spectacle d’Île-de-France. Dans la mesure du possible, les mêmes musiciens participent aux trois rencontres, ce qui permet aux enfants de tisser un lien personnel avec eux.
Voir en concert dans une vraie salle de spectacle un musicien avec lequel on a parlé à la bibliothèque a toujours une saveur particulière.

• Le premier rendez-vous est une « rencontre métier », c’est à dire que des musiciens viennent une après-midi, le week-end, à la bibliothèque rencontrer le public, présenter leurs instruments et leurs métiers. C’est une occasion unique pour les enfants de voir et, dans certains cas, de jouer d’instruments rares ou peu connus. Les enfants ne sont pas prêts d’oublier d’avoir soufflé dans un ophicléide et vu d’aussi près une harpe. Et à vrai dire, nous non plus !

• Le second temps se fait à l’extérieur pour assister à un concert pédagogique ou une répétition. Dans le premier cas, le concert est adapté au jeune public par sa durée, sa programmation musicale et les possibles interactions entre la salle et l’orchestre. Dans le second, la répétition permet de voir comment travaille l’orchestre et même d’échanger avec les musiciens pendant leur pause. Lors d’une répétition, à la maison de l’Orchestre National d’Ile-de-France à Maisons-Alfort, les enfants ont même eu la chance de pouvoir discuter avec le chef d’orchestre François-Xavier Roth.
C’est aussi l’opportunité d’aller à la découverte de salles de spectacle en Île-de-France. En février 2015, le public de la bibliothèque a ainsi été parmi les premiers à aller à la Philharmonie de Paris alors ouverte depuis un mois seulement et à faire l’expérience de ses hauteurs vertigineuses.

• La saison se clôture de manière festive par un concert à l’arrivée des beaux jours dans le jardin de la bibliothèque. Airs connus ou plus pointus, musiques de film voire tubes, la musique envahit la cité et les musiciens invitent les familles à un blindtest improvisé entre Lully et Star Wars en passant par le générique de la Panthère Rose ! En juin dernier, le quintet de cordes a même fait découvrir aux enfants comment faire de leur corps un instrument en les initiant aux percussions corporelles. Pour revivre ce moment, cliquez ICI

L’enthousiasme du public, grandissant au fils des séances, doit énormément aux musiciens de l’ensemble. Toujours très à l’écoute des demandes des enfants, ils savent s’adapter au groupe et transmettre l’amour de leur métier en toute simplicité. Grâce à eux, la découverte du répertoire classique n’a jamais été aussi joyeuse sans être simpliste ni infantilisante. Dans la bonne humeur, lesenfants (et les bibliothécaires) font la découverte d’un répertoire classique de haut niveau, exigeant aussi, comme l’année dernière lors de la répétition de l’oeuvre de Maurice Ravel Daphnis et Chloé.
Heureuse de pouvoir mettre à l’honneur les multiples correspondances entre musique et littérature, l’équipe de la PBR espère que cette résidence musicale a de belles années devant elle.

Pour tout savoir sur les Siècles, n’hésitez pas à consulter leur site internet : lessiecles.com.

Les Siècles reviennent à la bibliothèque pour notre plus grand plaisir les dimanches 19 mars 2017 pour une rencontre-métier et 18 juin 2017 à 15h pour un concert.

Les Siècles et la Petite Bibliothèque Ronde sont soutenus par l’association Echanges et Bibliothèques.

Kamishibaï à la Petite Bibliothèque Ronde

Posté par Michèle Valentines, le Vendredi 4 novembre 2016

Il n’y a pas de semaine où le kamishibaï ne soit présenté au public de la Petite Bibliothèque Ronde. La Petite Bibliothèque Ronde, bibliothèque jeunesse née en 1965, a été l’une des premières en France à posséder des kamishibaï et à les présenter à son public – les enfants de 0 à 14 ans. Des personnalités telles que Geneviève Patte, Marie Charlotte Delmas ont contribué à la découverte de ce théâtre d’images en France. La Petite Bibliothèque Ronde a, depuis ses origines, la volonté de présenter aux enfants l’excellence de la littérature jeunesse, les plus beaux contes, ainsi que les plus belles créations du passé et du présent pour faire découvrir la beauté, l’art, la science et la philosophie et ainsi permettre aux enfants d’appréhender le monde d’aujourd’hui et de demain dans toute sa complexité.

Il est présenté dès le plus jeune âge (les 0-3 ans) dans les projets avec les crèches, l’école maternelle, ce projet se poursuit à école élémentaire, au collège et auprès d’une classe de jeunes adolescents présentant des troubles d’autisme. Tous ces projets sont précieux et importants pour notre bibliothèque. Nous possédons un superbe fonds, la passion pour l’exploiter et un public merveilleux de générosité, d’exigence et du goût de la découverte. De plus, nous avons le bonheur et la chance d’être soutenu par l’association Ikaja qui, en plus de sa confiance, nous apporte un soutien précieux pour le choix des kamishibaï ainsi que de précieux conseils pour la pratique du kamishibaï.

Je voudrais ici relater des petits instantanés de projet autour du kamishibaï. Petits projets par leur ampleur, leur retentissement et le nombre des enfants concernés, mais grand projet pour notre implication, notre professionnalisme et notre enthousiasme à nous y investir et les suites qu’ils engendrent.
Tout d’abord l’un des moments les plus forts et les plus sombres de 2016.

Nous devions présenter de longue date un ensemble de kamishibaï devant une classe d’école élémentaire à Meudon. Nous avions choisi les histoires, répété et préparé le butaï, tout était prêt le vendredi pour la découverte du mardi après-midi. Et ce vendredi-là, la violence, la terreur et la mort se sont données rendez-vous à Paris. Les enfants comme nous tous avons été confrontés aux images, aux larmes et à cet effroi indicible des témoins de violence gratuite, terrible et incompréhensible parce que violence humaine, d’hommes sur autres hommes. Ce jour-là, notre monde a comme retenu sa respiration.

Donc nous voilà après ces événements-là, devant cette école, indécis, incertains comme Ko debout, mais nous sommes là, certains de pouvoir compter sur nos kamishibaï pour au minimum offrir un instant d’ailleurs à ces jeunes enfants. Les institutrices, la directrice, tout le monde nous remercie d’être venus, nous installons notre butaï posé sur un lourd tissu qui dissimule la table, les même gestes, le même rituel, les enfants cessent de bouger, de parler, nous écoutent… Le moment peut commencer, doucement les portes du butaï s’ouvrent et l’histoire commence : Le Roi Canard - comment petits et faibles peuvent tous ensemble lutter contre la violence et l’arbitraire, Yamamba, où l’expérience, l’intelligence prennent le dessus d’une terrible ogresse, Le vrai père, l’expression du pur amour paternel, Foutchan – qu’on pense trop petite pour faire de la luge mais qui vivra une immense aventure avec des animaux bienveillants qui la protègent … les histoires se suivent les unes après les autres toujours le même silence, la même écoute précieuse, les sourires, les rires… et pour finir Tous ensemble et Paaf. Jamais je n’avais ressenti un tel moment de grâce. Jamais je n’avais ressenti le kyokan de façon si présente, si forte. Nous ne formions qu’un seul groupe comme une respiration, un battement, un claquement de mains si synchronisé comme si nous n’étions plus qu’un seul cœur, ensemble. Je pense ce jour-là, avoir si bien ressenti le pourquoi du kamishibai, son pouvoir sur les cœurs et sur les âmes. Dans ces instants de malheur, nous venions d’offrir aux enfants un moment de calme, d’espérance dans l’humanité et semer l’espoir que des ténèbres, on sort plus fort.

Je voulais aussi relater un projet avec un groupe d’adolescents autistes de la fondation Vallée. Ils étaient particulièrement touchés par Blanc, le petit chat, chat différent de ces frères qui voudrait tant être comme eux et ne plus être différent. Les séances avec ces jeunes étaient si riches d’émotions et de sens que je crois avoir vu là la plus belle interaction entre le kamishibaï et son auditoire, la plus belle écoute de ce public pourtant considéré comme différent. Ils étaient sensibles aux illustrations qu’ils trouvaient pleines de sens et aussi épurées. Ils remarquaient qu’on ne pouvait rien y enlever sans enlever du sens. Existe-t-il plus belle explication au talent remarquable des artistes créateurs des kamishibaï ? L’apparente simplicité de l’illustration qui rend la lecture d’images limpide, claire et résonnante avec le texte, comme un silence sur une partition rend la musique plus riche d’émotions et de sens. Une des plus belles réussites du kamishibaï est de rendre son public réactif du cœur, de l’esprit et de l’âme.

En ces moments d’incertitudes, de violence et de doutes qui rendent le monde difficile à comprendre, il est heureux que les enfants puissent rencontrer le kamishibaï. Parce qu’il est sage de vouloir dire le monde aux plus jeunes, de leur enseigner la beauté, la générosité et la confiance dans l’avenir. Faisons tout pour que plus d’enfants aient la chance de découvrir le kamishibaï, nous faisons ainsi le pari que le monde s’en portera mieux.

Aujourd’hui, partageons nos idées, nos expériences, nos questions et suggestions. Partons à la découverte de pratiques enthousiasmantes, d’innovations surprenantes. C’est ainsi qu’il faut aborder le présent et l’avenir pour que la lecture soit une fête ouverte à tous. Geneviève Patte
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