La Petite Bibliothèque Ronde, vue par Laura T.

Posté par Chloé Even, le Mercredi 29 juin 2016

Au printemps 2016, j’ai eu la chance d’être accueillie en tant que stagiaire à la Petite Bibliothèque Ronde. Pendant un mois, j’ai pu observer et participer à la vie de ce lieu. Souvent surprise, parfois déroutée, mais toujours enthousiasmée, j’ai découvert un projet fort et audacieux. Fort, car les moindres faits et gestes de l’équipe sont portés par la farouche intention de favoriser l’épanouissement et l’enrichissement de leurs jeunes publics. Audacieux, car à la Petite Bibliothèque Ronde, on sait sortir du cadre, prendre des risques et réinventer le rôle de la bibliothèque de proximité.

Riche d’une longue histoire et d’une renommée fameuse, on pourrait prendre la Petite Bibliothèque Ronde pour un paquebot de croisière. Or c’est aussi l’envers du décor qui m’a frappée : le navire « Petite Bibliothèque Ronde » est aussi parfois une petite embarcation fragile, en lutte contre des flots menaçants. Alors dans ces temps troublés, voici un petit inventaire de tout ce qui fait de la Petite Bibliothèque Ronde un lieu unique, atypique et nécessaire !

Une grande proximité avec le public

Les enfants qui fréquentent la bibliothèque étant pour la plupart des grands habitués, les bibliothécaires finissent par connaître de nombreuses familles du quartier : on prend des nouvelles de la petite sœur qui vient de naître, du grand frère devenu ado qui ne vient plus à la bibliothèque mais qu’on n’a pas oublié… De fait, les visiteurs anonymes sont rares, à part de temps en temps un nouvel habitant du quartier ou un curieux de passage !

Une relation de confiance et d’estime instaurée avec les parents

La preuve en est la venue des enfants seuls à la Petite Bibliothèque Ronde, mais aussi de petites attentions comme la venue spontanée d’une maman avec un goûter collectif… Cette relation est facilitée par les médiatrices d’accueil issues du quartier, qui tissent un lien étroit entre la structure et la Cité de la Plaine.

Une vie d’équipe au quotidien

Le petit-déjeuner, les repas et les temps de pause sont autant de moments partagés autour de la grande table du sous-sol. L’équipe fait preuve de beaucoup de solidarité, de complicité et d’humour malgré les difficultés rencontrées. Jamais négligé, le partage de chocolats et gourmandises en tous genres apporte lui aussi son lot de réconfort. Ces moments informels sont autant de temps d’échanges où naissent de nombreux projets, parfois un peu fous !

Une réflexion approfondie sur les pratiques

Des efforts sont faits pour prendre du recul sur les pratiques, les analyser, les remettre en question mais aussi les théoriser pour mieux les transmettre. L’équipe sait poser des mots sur ce qu’elle fait et pourquoi elle le fait. Cela lui permet d’expliquer ses choix et de défendre sa démarche. Cette réflexivité sur les pratiques est liée au statut de formateur de plusieurs membres de l’équipe, mais aussi à l’implication de chacun dans la prise en charge des visites de la bibliothèque (qui nécessite d’expliciter son projet). Cet effort se manifeste aussi par des séances d’analyse des pratiques professionnelles menées à intervalle régulier avec un médiateur et psychanalyste. Ces séances permettent à la fois d’apaiser les tensions internes et de réfléchir collectivement à la façon de surmonter les difficultés externes.

Une prise en compte de l’enfant dans sa globalité

Chose inhabituelle en bibliothèque, on considère l’enfant en prenant aussi en compte ce qui se passe hors de la bibliothèque (les aspects sociaux, familiaux et scolaires de leur vie, la façon dont ils évoluent dans le microcosme du quartier…). En effet, les enfants étant très présents à la bibliothèque, et le plus souvent sans leurs parents, les bibliothécaires ne peuvent pas ne pas endosser le rôle d’adulte référent qui leur incombe du fait de cette proximité. Leurs pratiques professionnelles comportent donc un aspect éducatif et social très fort.

Un projet pédagogique réfléchi

L’équipe s’inspire des principes de la pédagogie active (Freinet, Montessori) pour penser la place accordée à l’enfant dans la bibliothèque et construire les ateliers.

Ainsi, lors des ateliers créatifs, l’équipe cherche à accorder le plus d’autonomie possible à l’enfant. En concevant une trame souple menant à un projet final sans fixer à l’avance chaque étape de sa réalisation, les bibliothécaires souhaitent mobiliser l’enfant dans un processus à la fois réflexif et créatif. Celui-ci sera amené à proposer lui-même des étapes de réalisation du projet, mais aussi à se confronter aux impossibilités de réalisation et à chercher à y remédier, tout en étant toujours épaulé par le bibliothécaire. Ce dernier cherche donc à se positionner en « personne-ressource » et à tisser des liens entre les réflexions menées par l’enfant et les collections de la bibliothèque, tout en restant aussi un adulte référent, garant de la sécurité de l’enfant.

Enfin, en faisant preuve de souplesse et d’adaptabilité dans la conduite des ateliers, l’équipe parvient à moduler les activités et ainsi à valoriser les aptitudes de chaque enfant, au-delà des différences d’âges, d’attention et de compétences.

La dimension éducative et pédagogique de la bibliothèque est donc pleinement assumée par les bibliothécaires. C’est bien l’humain qui est au centre de l’activité de la Petite Bibliothèque Ronde, comme en témoigne le contenu des compte-rendus quotidiennement consignés par l’équipe, qui se centrent essentiellement sur la dimension relationnelle avec les publics.

Malgré cette dimension pédagogique, on est toutefois loin du contexte scolaire. Les activités sont toujours facultatives, ainsi que l’assiduité aux ateliers. La bibliothèque propose mais n’impose pas, souhaitant toujours rester dans une démarche de plaisir et de loisir. De plus, par une démarche pédagogique différente de celle pratiquée au sein de l’institution scolaire, la bibliothèque cherche à être ce lieu « autre », qui permet à des enfants différents de trouver leur place et s’épanouir.

Audace et créativité

La Petite Bibliothèque Ronde n’a peur de rien, surtout pas des pratiques qui bouleversent le train-train quotidien d’une bibliothèque et son organisation matérielle…

→ Laisser place au désordre. L’équipe déménage et réaménage les salles selon les besoins, et s’autorise même à faire de la peinture et cuisiner des boules-coco au beau milieu des salles de lecture. Oui, oui. Si belle qu’elle soit, la bibliothèque ne peut pas être un écrin sacré.

→ Être ambitieux et confiant. Envisager de mettre en scène un conte russe en deux semaines est un pari ambitieux, mais qui témoigne d’une totale confiance dans la fidélité, la créativité et la curiosité des enfants.

→ Oser faire des choses qui s’écartent du métier de bibliothécaire au sens strict (si tant est qu’il existe un métier-de-bibliothécaire-au-sens-strict…). Les tâches bibliothéconomiques classiques ne sont pas éludées mais elles ne sont pas revendiquées comme un cœur de métier. L’équipe de la Petite Bibliothèque Ronde assume une forme de militantisme et une identité professionnelle atypique.

Brasser culture « savante » et « populaire », sans préjugés

La programmation culturelle de la bibliothèque témoigne d’une grande exigence dans les thématiques choisies et dans les concepts qui tissent du lien entre les différents événements d’une année. Les bibliothécaires souhaitent proposer des contenus culturels de qualité et ne pas enfermer les enfants dans une identité basée sur des préjugés (le travers pourrait être de ne vouloir proposer qu’une culture estampillée « urbaine et populaire », qui n’est pas forcément recherchée par les enfants). En même temps, l’équipe n’a aucune difficulté à lâcher prise et à s’autoriser des moments purement ludiques et de détente (tournois de jeux vidéo par exemple).

Un accueil actif

Les temps d’accueil du public ne sont pas destinés à ranger les livres ou à continuer le travail interne derrière l’ordinateur de la banque de prêt. L’accueil est un temps où les bibliothécaires sont entièrement disponibles pour conseiller, orienter les usagers, mais aussi lire une histoire à un enfant, faire un jeu avec lui ou encore l’aider dans la réalisation de ses devoirs.

Laura – juin 2016

Restitution « Lire avec bébé, une histoire sans fin »

Posté par Chloé Even, le Jeudi 23 juin 2016

Si vous n’avez pas pu participer au colloque organisé par l’agence Quand les livres relient en partenariat avec Lis avec moi (La Sauvegarde du Nord) les 21 et 22 janvier 2016, vous pouvez découvrir les différentes interventions des professionnels invités en cliquant ici.

De la BD et des pirates à la bibliothèque

Posté par Chloé Even, le Jeudi 12 mai 2016

Alex Chauvel et Rémi Farnos sont deux auteurs et illustrateurs de BD, fondateurs des éditions Polystyrène.
Ils sont venus proposer un atelier de BD à nos jeunes lecteurs pendant les vacances de printemps, et ont accompagné notre première Biblioparade dans les quartiers et cités du Haut-Clamart
(les photos sont ici ).

Alex Chauvel nous livre ses impressions sur ces quelques jours passés à la Petite Bibliothèque Ronde :

« J’ai la chance de faire exactement ce que je rêvais de faire lorsque j’étais gamin.
Le caractère plat d’une telle phrase ne doit pourtant pas conduire à la méprise. Ce n’est pas tout de vouloir quelque chose, il faut encore que cette chose soit mise à portée.
En réalité, j’étais bien parti pour suivre un autre chemin, faute de mieux, parce que nul autour de moi n’était en capacité de me montrer dans quelle direction aller.
Des destins entiers peuvent se jouer sur une rencontre avec la bonne personne, au bon moment.
La meilleure volonté du monde, la plus grande force de caractère et la plus implacable puissance de travail peuvent ne devenir que des coups d’épée dans l’eau si cette rencontre ne se produit pas, ou mal.

L’injustice sociale, et les limites du joli rêve méritocratique, c’est cela aussi.
Certains enfants bénéficient d’un cadre plus favorable : ce n’est pas un crime, ils n’ont rien demandé. Ils auront ainsi peut-être plusieurs fois l’occasion de transformer l’essai.
Pour d’autres, il est possible qu’une deuxième chance n’arrive jamais (à considérer qu’il y en ait eu une première).

Je viens d’un coin que l’on pourrait qualifier de relativement enclavé, bien loin des autoroutes de la culture et des échangeurs de savoir.

Je me rappelle de chacune des rencontres, qui m’ont aidé à concrétiser mes rêves (peut-être du fait de leur nombre assez restreint). Il m’a bien sûr fallu du recul pour les comprendre comme telles.
Je ne me rappelle pas de celles qui sont arrivées au mauvais moment parce qu’elles n’ont, évidemment, pas eu le même impact. Mais il y en a vraisemblablement eu aussi.
À Clamart, j’ai vu chez certains enfants de l’envie, de la rigueur et du talent.

Ni plus ni moins que dans n’importe quel groupe d’enfants, me direz-vous. Peut-être, mais la situation économique et sociale du quartier rend les ateliers, tels que celui que j’ai co-animé, vitaux, pour préserver un semblant d’égalité des chances dans l’accès à la Culture.

Ce qui a, en revanche, fait de cet atelier quelque chose de tout à fait à part, c’est la liberté laissée aux enfants de participer à hauteur de leurs envies. Pour la première fois, je ne me suis senti à aucun moment en position de flic culturel. Pas une seule fois il n’a été question de maintenir la discipline, mais il n’y a pourtant pas eu un seul instant de chaos.

Je remercie la Petite Bibliothèque Ronde de m’avoir donné la possibilité de peut-être devenir une rencontre. »

Et si vous ne connaissez pas encore le travail d’Alex et Rémi, foncez découvrir leurs derniers titres !
- Thomas et Manon, Alex Chauvel et Rémi Farnos, éd. Polystyrène, 2015
- Alcibiade, Rémi Farnos, La Joie de Lire, 2015
- Toutes les mers par temps calme, Alex Chauvel, éd. Polystyrène, 2016

* cliquez sur les photos pour les agrandir

La « Nuit rêvée » de Geneviève Patte sur France Culture

Posté par Chloé Even, le Jeudi 10 mars 2016

Pour sa « Nuit rêvée« , Geneviève Patte a choisi des archives liées au monde de la lecture et de l’enfance.

Découvrez une sélection d’archives qui permettent d’entendre les voix de Julien Cain, Joseph Wresinski, Pierre Guérin, Michaël Morpurgo, François Place et Colette Vivier.

« Lire avec bébé, une histoire sans fin »

Posté par Chloé Even, le Jeudi 7 janvier 2016

L’agence Quand les livres relient organise une rencontre nationale, en partenariat avec Lis avec moi, jeudi 21 janvier à Arras & vendredi 22 janvier 2016 à Lille.

« LIRE AVEC BÉBÉ, UNE HISTOIRE SANS FIN. »

Des professionnels de la lecture, des militants associatifs, des professionnels du développement de l’enfant (pédopsychiatres, psychologues etc) et des auteurs de livres pour enfants échangeront sur ce sujet passionnant.

La Petite Bibliothèque Ronde, représentée par Michèle Valentines, médiatrice du livre, interviendra en compagnie de L.I.R.E à Paris, (Z)oiseaux Livres, Grandir ensemble – Lire avec bébé et Lis avec Moi dans le cadre de la table ronde « Où sont les bébés ? » du jeudi 21 janvier à 15h20.

Nous vous invitons à consulter le programme détaillé et à télécharger le bulletin d’inscription ici :
http://www.agencequandleslivresrelient.fr/rencontres/23-2016/179-lire-avec-bebe-une-histoire-sans-fin

Aujourd’hui, partageons nos idées, nos expériences, nos questions et suggestions. Partons à la découverte de pratiques enthousiasmantes, d’innovations surprenantes. C’est ainsi qu’il faut aborder le présent et l’avenir pour que la lecture soit une fête ouverte à tous. Geneviève Patte
Derniers commentaires
Bonjour, Vous pouvez tout à fait...
Bonjour Bibliothécaire de...
Agenda PBR
Un accueil spécifique autour d'histoires pour...
Découvrez l'offre numérique de la
Un accueil spécifique à la bibliothèque pour...
Des histoires dans lesquelles l’objet modifie...
© La Petite Bibliothèque Ronde - Powered by Wordpress