Appel à soutien – Ricochet-jeunes.org

Posté par La Petite Bibliothèque Ronde, le Vendredi 14 janvier 2011

Nous vous invitons à vous rendre sur le site internet http://www.ricochet-jeunes.org/sommaire/.

Vous y lirez l’éditorial qui explique la situation de notre site. Nous nous sentions jusqu’ici obligé à un devoir de réserve, mais les obstacles dressés contre notre activité sont tels que nous avons décidé de rendre publiques les actions susceptibles de faire disparaitre ce qu’il faut bien appeler le site de référence en matière de littérature Jeunesse.

N’hésitez pas à nous faire parvenir quelques mots de soutien à l’adresse soutien@ricochet-jeunes.org, qui figure aussi en page sommaire. Plus de personnes ou d’institutions nous soutiendrons, plus nous aurons de chances de continuer à vous donner au travers de Ricochet des informations en toute indépendance, et continuer à soutenir la création francophone.

Une campagne de presse nationale commence aujourd’hui.

Etienne Delessert

Le site internet Ricochet, la juge, le liquidateur et l’avenir de la culture pour nos enfants.
Le site internet Ricochet-jeunes.org va-t-il disparaitre ?

Ricochet-jeunes.org, le site de référence en matière de littérature jeunesse francophone, est menacé de disparition alors même qu’un Institut suisse à but non lucratif, reconnu d’utilité publique et poursuivant les mêmes objectifs, est prêt à le reprendre, en s’engageant à en supporter les frais de fonctionnement sur le long terme.

Les subventions disparaissent
http://www.ricochet-jeunes.org reçoit près de 3 millions de visiteurs par an (bibliothécaires, enseignants, auteurs, éditeurs et parents…). On peut y accéder gratuitement pour lire les critiques de livres récemment parus (très suivies) et entrer en profondeur dans les différentes rubriques formant un panorama complet de la littérature pour la jeunesse des vingt dernières années, de ses auteurs, éditeurs et illustrateurs. C’est aussi une base de données unique (39 000 livres référencés, 4 000 fiches illustrateurs/auteurs, 400 fiches éditeurs). L’Association (CIELJ) qui a développé le site, créé en 1994, a été longtemps subventionnée par ses adhérents, l’Etat et des collectivités territoriales.
En 2009 et surtout en 2010, les financements publics s’assèchent; aucune perspective ne se dégage pour 2011. Résultat de la crise, mais surtout des politiques budgétaires considérant la culture comme un luxe, de collectivités territoriales accablées de nouvelles charges, mais aussi durement touchées par des emprunts hasardeux et parfois une gestion catastrophique. La municipalité de Charleville-Mézières où le siège de Ricochet est installé depuis de nombreuses années se montrera particulièrement irresponsable dans ses relations avec l’Association.

Les dirigeants de Ricochet, dès le début de 2009, se mettent donc à la recherche de nouveaux financements tous azimuts: ils prennent contact de façon approfondie avec la municipalité de Moulins (qui possède le Centre de l’Illustration), la municipalité de Troyes (qui organise un Salon régional du livre pour enfants), le Centre National du Livre, le Ministère de la Culture, la Bibliothèque Nationale de France, la Bibliothèque du Congrès à Washington (Etats Unis), et trois grandes entreprises françaises, souvent dans le cadre de leur fondation. Si certaines de ces institutions se déclarent prêtes à financer des projets précis en 2011, aucune ne peut se porter à notre aide en 2010, ni apporter un soutien pour les années à venir afin de couvrir les frais de fonctionnement. Des contacts sont alors pris avec L’Institut Suisse Jeunesse et Média (ISJM).

Liquidation judiciaire
En juillet 2010, les dirigeants se trouvent contraints de mettre le CIELJ (Centre International d’Etudes en Littérature pour la Jeunesse) cette Association qui a développé le site en liquidation judiciaire, car les paiements contractuels se font attendre depuis 6 mois; liquidation prononcée par le Tribunal de Grande Instance par jugement du 20 septembre. Le retrait des financeurs historiques marque donc l’arrêt des activités de l’Association, entrainant la suppression de poste de 2 salariés.
Il est à noter que les dirigeants ont demandé cette liquidation en anticipant les difficultés, c’est-à-dire en veillant à ce que salariés et fournisseurs soient payés (il reste 18 000 euros sur le compte bancaire).
La préoccupation première devient alors de sauver le site Ricochet.

Un candidat à la reprise
Dans leur recherche de financement à court et à long terme, les dirigeants mettent en avant le critère qui fait la « valeur » du site : son indépendance vis à vis des enjeux commerciaux et le respect de la ligne éditoriale définie, il y a longtemps, par ses fondateurs, Janine, Jean-Marie Despinette et Henri Hudrisier de l’Association Loisirs Jeunes:
Mettre en avant toute œuvre qui développe le sens du respect de la dignité de la personne, de la tolérance des convictions morales et religieuses et qui encourage une réflexion personnelle du jeune lecteur face à son propre destin ;
Déceler, dans une production florissante, la nouveauté, la création ;
Mettre en valeur le travail des écrivains, des poètes, des graphistes et des illustrateurs, des éditeurs et concepteurs de livres ;
Soutenir un réseau de chercheurs international et entretenir une base documentaire à leur destination.

L’Institut Suisse Jeunesse et Média (ISJM) répond favorablement à notre sollicitation et s’engage à financer les charges correspondant à l’activité du site. Organisation à but non lucratif, reconnue d’utilité publique, l’Institut est soutenu par l’Office Fédéral de la Culture du gouvernement suisse. Actif depuis plus de quarante ans dans le domaine de la culture pour les enfants et de la littérature pour la jeunesse en particulier, l’Institut suisse Jeunesse et Média (ISJM) apparaît comme un partenaire légitime pour permettre au projet Ricochet de poursuivre son rayonnement au niveau européen et international.
l’ISJM est certifié Zewo qui est un label de qualité suisse pour les institutions d’utilité publique.

Sauvé, le site Ricochet ?
Cette solution est recommandée à l’unanimité par le Conseil d’Administration de l’Association (le CIELJ, créé en 1988, qui a développé le site).
Le Mandataire judiciaire, chargé par le Tribunal de la liquidation, retient officiellement cette solution et rédige une requête auprès de la juge pour ordonner la cession de gré à gré du site Ricochet à l’Institut suisse Jeunesse et Média pour un euro symbolique. En attendant la décision du Tribunal, et pour éviter que le site ne disparaisse, l’Institut accepte de financer les frais d’hébergement et la mise à jour quotidienne du site.

« La solution envisagée aujourd’hui, avec la participation du Gouvernement Suisse, me paraît déterminante pour assurer l’avenir et l’indépendance éditoriale de ce site reconnu tant par les professionnels que par le public » déclare Mme Hedwige Pasquet, Présidente de Gallimard Jeunesse.
Et la fondatrice, Janine Despinette, appuie inconditionnellement le transfert en Suisse: « J’ai suivi de près les négociations qui n’ont, hélas, pas abouti en France, et je me réjouis donc que Ricochet puisse continuer son activité rayonnante depuis la Suisse. Mes vœux accompagnent la nouvelle équipe. Je continuerai personnellement des interventions ponctuelles comme critique internationale ».
Le site est sauvé, pense-t-on.

Des obstacles inattendus guidés par des motivations douteuses
Mais lors de l’audience du tribunal de Grande Instance, destinée à statuer sur cette requête le 15 novembre, la Juge commissaire, Madame Anne de Pingon, dévoile le fait qu’une plainte pénale a été déposée par Me Médeau, conseil d’un des deux salariés, M. Iberraken. Cette plainte surprend particulièrement Me Brucelle, le Mandataire judiciaire, qui n’a pas été averti !
Mme de Pingon prend alors une ordonnance de sursis à statuer dans l’attente du jugement de la juridiction pénale.
Il est à noter que cette plainte n’avait été communiquée à aucune des parties alors que son existence est la seule motivation de l’ordonnance !
La situation est donc particulièrement pernicieuse: cette plainte, plus que douteuse quant à ses objectifs, voire calomnieuse, a entrainé un délai à la décision de la juge, de nature à provoquer la disparition du site à très court terme. En effet, l’Institut suisse perd patience, à juste titre, et risque de suspendre son soutien à fin janvier, entrainant l’arrêt immédiat et définitif du site.

Des allégations calomnieuses La plainte déposée par l’ancien webmaster laisserait entendre de louches intérêts financiers de la part des dirigeants et des malversations dans la gestion de l’Association. Or les comptes ont été dûment acceptés par le Conseil d’Administration formé de personnalités des Ardennes, et certifiés par le Cabinet Dumont, société d’expertise comptable respectée.
Le site Ricochet n’a aucune valeur commerciale, ce qui explique qu’il ne soit d’ailleurs pas comptabilisé dans les actifs de l’Association.
Le site est entièrement gratuit et des règles évidentes de déontologie interdisent que les éditeurs de livres de jeunesse ne financent directement ou indirectement le site.
Le site ne rapporte donc rien et coûte plus de 160 000 euros par an, ce qui explique que le retrait progressif de l’administration publique qui le finançait en France, ait mis en péril son activité.
Toutes les pistes ont été vainement explorées pour rechercher en France une nouvelle ville d’accueil. Aucune des démarches n’a abouti en raison du coût annuel de l’opération.
Depuis plus de 2 ans, le Président de l’Association, Etienne Delessert, lui-même auteur et illustrateur bien connu, supervise pro bono le contenu éditorial au travers d’un réseau international de professionnels, auteurs, illustrateurs et chercheurs afin de favoriser l’accès à la lecture des enfants, constructeurs du monde de demain, et de présenter le meilleur de la création francophone tout en favorisant la diversité culturelle.
Dans un monde où l’espace consacré dans les médias à la littérature pour la jeunesse rétrécit de mois en mois, le site Ricochet vient à prendre une dimension inégalée.

Quelle solution pour sauver Ricochet ?
Devant ces informations, il reste à souhaiter que le Tribunal entende les arguments moraux et culturels des animateurs de la littérature jeunesse, et que Madame la Juge veuille bien convoquer les parties le plus rapidement possible pour qu’une issue positive puisse être trouvée.
Nous souhaitons donc vivement que M. le Procureur de la République prenne position et décide sans tarder d’annuler cette plainte fantaisiste.
Aucune autre issue procédurale ne peut être en effet considérée, à la fois parce que les anciens dirigeants de CIELJ n’y ont aucun intérêt économique et parce qu’ils ne sont pas recevables à intenter un recours.
Le sort de Ricochet-jeunes.org, dans les jours qui viennent, dépend du bon jugement de Mme Anne de Pingon.

Pour le CIELJ
Son Président
Etienne Delessert

Un commentaire sur “Appel à soutien – Ricochet-jeunes.org”

  1. Bonjour,
    Comment empêcher sa disparition ?
    et surtout comment expliquer pareille situation ?
    Cordialement
    tikky

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