De «la fragilité du livre et la permanence du monde»

Posté par La Petite Bibliothèque Ronde, le Mercredi 25 avril 2012

Katsumi Komagata, qui vient de republier Histoire d’une larme aux éditions Les Trois Ourses en hommage aux victimes de la catastrophe de Fukushima, était l’invité vedette de la 13ième journée d’étude Lire en V.O. autour du Japon, pays invité au Salon du livre de Paris cette année.

Au cœur de son intervention, une réflexion sur la notion de cycle, centrale dans les cultures asiatiques. Katsumi Komagata milite, à travers son œuvre, contre l’immédiateté et la facilité. Via ses célèbres cartes, qui se découvrent en plusieurs temps, c’est une manière de donner à l’enfant petit à petit. Ces cartes, il les a conçues pour sa fille de trois mois, afin de créer un lien avec elle.

Lorsqu’à 3 ans, elle déchire le livre que son papa a fait pour elle – effroi dans la salle – il répare stoïquement le livre et lui rend, sans la gronder. Il note alors un changement d’attitude de la part de sa fille. Ce qui lui fait dire que l’habitude de donner aux petits des choses qui ne craignent rien n’st pas bonne et que, petit, il faut faire « l’expérience des choses qui se cassent », objets et êtres vivants.

Pour Katsumi Komagata, trois grandes fonctions sont contenues dans un livre. Collecter des informations, acquérir des connaissances, éléments qui sont simplifiés et optimisés désormais par l’ordinateur et avoir une expérience physique qui donne toute son importance au livre « papier ». Cette expérience implique une relation charnelle avec l’objet livre. L’apprentissage du « bon geste » pour prendre soin du livre, ne pas déchirer le papier. Mais aussi corner une page ou annoter le texte. Katsumi Komagata est aussi un observateur du cycle de vie, y compris de celui du livre. Il a gardé les livres qu’il lisait à sa fille il y a vingt ans. Ces livres ont aujourd’hui jauni : ils vieillissent, comme tous les êtres vivants. Cette expérience universelle de la vieillesse

Et alors qu’il transmet encore l’émotion liée au drame de Fukushima, Katsumi Komagata nous parle du paradoxe de « la fragilité du livre et [de] la permanence du monde ».

Caroline Simon

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