Peut-on faire une animation sur le jeu vidéo Minecraft quand on y connaît rien ?

Posté par Roxane Schaeffer, le Vendredi 12 mai 2017

A la PBR, il y a une animation différente chaque dimanche, tout le monde peut y participer gratuitement et sans inscription. Le dernier dimanche du mois est dédié à une activité autour du numérique. Au mois d’avril, notre responsable numérique avait programmé une animation autour du jeu Minecraft avant de se rendre-compte qu’il serait absent à cette date-là. Rien de problématique, l’équipe est normalement suffisamment polyvalente pour que chacun de ses membres soit en mesure de prendre le relais avec un temps de préparation suffisant.

En règle générale. Sauf que là, c’était Minecraft.

Si vous travaillez en bibliothèque et en section jeunesse en particulier, vous n’avez pas pu passer à côté de ce phénomène. Une précédente animation sur ce jeu avait déjà été faite à la PBR il y a près de trois ans, autant dire que son succès ne s’essouffle pas et qu’il n’était donc pas question de leur faire découvrir une pépite encore confidentielle.

Minecraft, c’est un peu comme Proust, il y a ceux qui détestent et ceux qui adorent. Et ceux qui adorent ont déjà de très nombreuses heures de vol au compteur. On avait beau prendre le problème dans tous les sens en deux semaines, on allait avoir du mal à rattraper plusieurs mois voire années de pratique pour être à la hauteur…
Sans compter qu’internet nous a donné une petite idée de toutes les animations géniales déjà proposées par les médiathèques du monde entier autour de ce jeu. Là encore, plus les jours passaient, plus on se disait qu’on n’avait pas la moindre chance d’être à la hauteur.

Alors, on a décidé de changer d’angle d’approche : on a parlé à nos fervents « minecraftiens » de notre désarroi et c’est tout naturellement qu’ils se sont emparés de la situation.

1/ Tout d’abord, ils nous ont fait une présentation du jeu et de son univers pour les nuls très complète… On les aurait prévenus en avance, ils auraient sûrement fait un diaporama sur PowerPoint avec des diagrammes et des chiffres-clefs sur les mods.

2/ Ils ont essayé de nous aider à jouer…

3/ … finalement ils ont décidé de revenir pour tester le jeu directement sur la console prévue pour l’animation. Sous nos yeux ébahis, ils ont pris possession de toutes les potentialités du jeu dans le temps qu’il nous avait fallu pour nous coincer dans un ridicule petit chariot…

4/ A partir de leurs remarques et du plaisir qu’ils avaient à jouer en équipe, on a imaginé avec eux le déroulé du dimanche numérique en essayant de prendre en compte un nombre important de participants avec des niveaux très disparates.

Séance de préparation avec des joueurs aguerris

Le jour J, on n’était pas vraiment rassuré.
Ils étaient plus d’une vingtaine de joueurs ce jour-là, des néophytes, des addicts et entre les deux, des dilettantes enthousiastes d’âges très variés (de 6 à 13 ans).

A partir des idées qu’avaient eu les pré-ados qui nous avaient aidés, trois propositions étaient faites dans les différentes salles de la bibliothèque :
- sur la Xbox, jouer en mode « survie » à plusieurs joueurs en se relayant : chaque fois qu’un joueur était tué, un nouveau joueur prenait sa place. La poursuite de la partie reposait donc sur l’entraide collective.

Jeu en relais en mode "survie"

- sur tablette, jouer en mode « créatif » en petit groupe. Tour à tour, un des participants manipulait la tablette en prenant en compte les conseils des autres joueurs pour créer un étage d’un immeuble commun.

Construction collective en mode "créatif " sur tablette

- recréer l’univers du jeu en cubeecraft, c’est à dire en version papier grâce à de simples patrons à découper (mais pas si facile à monter!). Ils ont pu rentrer chez eux avec leur personnage.

Fabrication de l'univers Minecraft en papier

En conclusion, oui, on peut faire une animation sur un jeu vidéo en étant soi-même encore dans la découverte de celui-ci ET sans être un expert des jeux vidéo. Il faut bien sûr y passer du temps en amont pour en connaître la logique, la terminologie, l’écosystème et le gameplay. Mais vous pouvez aussi accorder une grande confiance aux enfants et adolescents qui maîtrisent le sujet et vous appuyer sur eux dans la conception de votre animation.
Ils ont énormément à vous apporter et prennent beaucoup de plaisir à transmettre aux adultes des savoirs qu’ils sont les seuls à posséder. Et c’est probablement valable pour n’importe quelle animation et n’importe quel public.
Quand une pré-ado vous fait un cours sur les différentes essences de bois pour vous faire comprendre la logique d’un jeu vidéo, vous prenez (une fois de plus) conscience de l’importance de ce medium dans leur découverte du monde et leur accès aux connaissances.
Vous ne bouderez pas non plus le plaisir d’avoir pris une belle leçon.

Nota Bene (1) : Ce n’était probablement pas notre animation la plus originale mais pas la pire non plus, pensez-vous !

Nota Bene (2) : Ce n’était probablement pas l’animation la plus brillante jamais faite autour de ce jeu. Mais on a envie de croire que ce n’était pas la pire non plus, non ?

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