De la poubelle au musée (et à la bibliothèque)

Posté par La Petite Bibliothèque Ronde, le Mercredi 6 avril 2011

Ou comment l’art et plus largement la culture peut se mêler intelligemment à un projet social. Prenons d’un côté les « catadores », les trieurs de Rio de Janeiro qui recyclent chaque jour les déchets de la plus grande poubelle du monde. De l’autre, Vik Muniz, star internationale du marché de l’art connu pour ses toiles à base de matériaux insolites (comme une Mona Lisa en beurre de cacahouètes). Cela donne… un projet bouleversant à tous les niveaux.

D’abord, la vie de ces hommes et femmes qui trient les ordures, tout en bas de l’échelle sociale, ne sera plus jamais la même. Pendant 3 ans, l’artiste brésilien va faire leur portrait et réaliser avec eux une œuvre à partir des matériaux recyclables. Elle sera vendue aux enchères à Londres à un prix très élevé et il leur reversera intégralement l’argent gagné. Ensuite Vik Muniz, lui-même issu d’un quartier pauvre de São Paulo, va transformer sa volonté d’aider ceux qui ont eu moins de chance que lui, en un processus artistique complexe et en prise avec les enjeux de nos sociétés : l’écologie, la pauvreté, les inégalités, la culture.

Au fur et à mesure du documentaire signé Lucy Walker, de vraies questions éthiques sont posées. Des questions que se posent tous ceux qui œuvrent, dans des domaines parfois très divers, à mettre la culture à la portée de tous, notamment dans les milieux les plus défavorisés. Par exemple, quel sens cela a-t-il,  de donner à voir ou à faire de l’art, à des personnes qui vivent dans des conditions extrêmement précaires ? Est-il moral d’utiliser et de mettre en exergue la misère fût-ce dans un objectif charitable ? A-t-on le droit d’engager les plus déshérités dans un projet culturel qui peut leur donner envie de changer de vie sans leur en donner vraiment les moyens ?

La réponse est peut-être à la fin du reportage, où l’on voit que certains auront réalisé leur rêve, tel Tião, président de l’association des catadores, qui a pu construire une bibliothèque communautaire à partir des livres trouvés dans les poubelles. Avec lui, avec Vik Muniz, on a envie d’y croire : l’art, la culture, peut changer la vie des gens.

Waste Land a reçu près de 25 prix dans les festivals de cinéma. Il était nommé pour l’oscar du meilleur film documentaire. Vous pouvez découvrir le site officiel du film http://www.wastelandmovie.com/.

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Aujourd’hui, partageons nos idées, nos expériences, nos questions et suggestions. Partons à la découverte de pratiques enthousiasmantes, d’innovations surprenantes. C’est ainsi qu’il faut aborder le présent et l’avenir pour que la lecture soit une fête ouverte à tous. Geneviève Patte
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