Jeux vidéos VS émotions

Posté par La Petite Bibliothèque Ronde, le Samedi 13 novembre 2010

« L’expression jeux vidéo est toujours vraie, mais nous sommes quelques créateurs dans le monde à penser qu’il faudra bien trouver un autre terme moins réducteur pour dire l’implication émotionnelle du joueur » (David Cage, Game designer, directeur du studio français Quantic Dream).

Les termes jeux vidéo signifient littéralement des jeux qui se jouent sur un écran vidéo. Ces termes sont aujourd’hui réducteurs parce que la notion de jouet ne correspond plus à l’ambition de beaucoup de créateurs de jeux et à la diversité de la création.

Les jeux vidéo génèrent des émotions très complexes, de l’émotion primaire (comme la joie, la peur) à des émotions plus subtiles (la tristesse, l’effroi, la compassion). Au cours d’une conférence au Conservatoire national des arts et métiers (dans le cadre de l’exposition MuseoGames) qui a réuni le 30 septembre 2010 Stéphane Natkin, David Cage et Éric Viennot, ce dernier a évoqué les émotions que provoquait chez lui l’expérience de certains jeux (Ico, In memoriam, Flower, Silent Hill). Ce joueur et directeur du studio Lexis Numérique a même ressenti des émotions qu’il n’a jamais vécues ailleurs que dans un jeu vidéo !

Mais en quoi les émotions générées par un jeu vidéo sont-elles spécifiques ou tout au moins différentes de celles d’un livre ?

Le jeu vidéo fait interagir une série très large de moyens : cinématique, graphisme, histoire, mise en scène, musique, mais également le « gameplay » qui traduit l’immersion dans un univers. Contrairement au livre et au cinéma – ce qui explique pourquoi le joueur est parfois mal accepté socialement – le jeu vidéo implique complètement, il engendre des doutes réels sur les actions (et parfois les choix moraux) qui créent une histoire singulière… On parle de « narration interactive » et d’ « engagement vidéo-ludique ».  La durée de cette implication peut être très longue (plus de 30 heures). Davantage que l’histoire proposée initialement par ses créateurs, ce qui compte c’est bien l’expérience vécue du joueur.

On comprend mieux pourquoi la véritable définition du jeu vidéo est à chercher dans l’implication émotionnelle du joueur : une expérience interactive qui va au-delà du simple jouet ! Le mot à la mode qui attire Hollywood vers le savoir-faire des professionnels du jeu vidéo est « transmedia », concept encore complexe et mal compris qui mériterait à lui seul une conférence.

Retenons que l’émotion est au cœur du jeu vidéo et que c’est en cela qu’il est plus riche ? plus complexe ? plus puissant ? que les autres médias avant lui.

Alors le jeu vidéo sera-t-il un véritable art numérique ? Pourra-t-il apporter du sens à votre vie ? Manipulera-t-il votre esprit ?

Il faut rester assez critique sur les études concernant la pratique et l’impact des jeux vidéo car beaucoup des universitaires qui se sont intéressés à ce sujet présentent des caractéristiques socioculturelles identiques : ils sont jeunes, de sexe masculin et eux-mêmes joueurs. Ils maîtrisent donc les codes du gamer et s’inscrivent généralement dans un processus de justification du jeu vidéo.

Retrouvez la conférence en ligne sur le site du Conservatoire national des arts et métiers

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